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Les
banques poussent comme des champignons
L'explosion de la place financière de Miami est également
spectaculaire. En arrivant par le port on aperçoit d'abord
l'imposante Sun Trust Tower, qui domine le centre ville de
sa soixantaine d'étages. Derrière, la tour cylindrique de la
NationsBank offre un éclairage féérique: verte un soir,
jaune, blanche ou mauve le lendemain. «Quand je suis arrivé
ici en 1972, il n'y avait que des marécages», se souvient
Jacques Renaud, directeur du bureau des Chantiers de
l'Atlantique à Miami. Depuis, les gratte-ciel poussent comme
des champignons le long de Brickell Avenue, le quartier des
banques. L'immeuble argenté de la Barnett Bank, rachetée
l'an dernier par NationsBank, la façade de pierre noire de
la Bank Leumi Israel, celle de verre émeraude du Banco
Industrial de Venezuela, et puis la Dresdner Bank
Lateinamerika, le Banco Santander ou la Compagnie Bancaire
Genève: elles sont toutes là. La Barclays Bank a établi son
quartier général pour l'Amérique latine ici tandis que la
Lloyds bank de Londres a abandonné New York et transféré
tous ses comptes américains à Miami en 1997, à l'image de la
BNP un an plus tôt. «Nous avons toujours nos activités de
banque d'affaires à New York mais il n'y a pas de handicap à
ne pas y être pour nos activités de banque privée, car nous
faisons surtout du conseil et du marketing», explique Denis
Madaule, directeur du centre de coordination régional pour
la gestion privée de la BNP.
Comme la plupart des banques, c'est pour les millionnaires
d'Amérique latine que la BNP est venue à Miami. Brickell
Avenue bénéficie en effet d'un statut de quasi-paradis
fiscal où les banques étrangères peuvent pratiquement offrir
les mêmes avantages que les banques off-shore des Caïmans à
condition de ne pas avoir de clients américains. «90% de
notre clientèle est latino-américaine et 10% européenne ou
asiatique, confirme Denis Madaule. L'offre BNP Suisse est la
plus prisée sur l'Amérique latine.» Selon une étude citée
par les banquiers locaux, les fortunes d'Amérique latine
gérées à l'étranger atteignaient 330 milliards de dollars en
1995, dont 50% abrités en Suisse et 32% aux Etats-Unis.
Quand les hommes d'affaires passent, le commerce suit
Si l'argent vient à Miami c'est qu'il est facile de s'y
rendre. Avec 34,5 millions de passagers transportés en 1997,
Miami est devenu le second aéroport international des
Etats-Unis. Ses 150 lignes aériennes desservent 185
destinations dans le monde et offrent en moyenne 1 460 vols
quotidiens, soit environ un par minute.
Cette ville est la seule au monde à relier quotidiennement
les principales métroples d'Amérique latine. «Quand nous
étions à Mexico il n'y avait pas de vols directs réguliers
vers l'Argentine ou le Brésil et l'on était obligé de passer
par Miami pour aller en Colombie, au Venezuela ou en
Amérique centrale», explique Patrick Cerceau, directeur
général d'AXA Ré Latin America, qui a déménagé son siège à
Miami au début de 1997. Cette commodité des transports
attire aussi les visiteurs. «Quand j'étais à Caracas j'ai du
recevoir cinq clients étrangers en dix-huit mois, depuis que
nous sommes basés à Miami j'en reçois trois par semaine»,
résume Clément Jourdain, directeur de la succursale de
réassurance des Mutuelles du Mans pour l'Amérique latine,
qui a installé son siège dans le quartier historique de
Coral Gables en mars 1996. Quand les hommes d'affaires
passent, le commerce suit. Miami revendique le rang de
premier aéroport de fret des Etats-Unis, et troisième du
monde, avec 1,8 million de tonnes de marchandises
transportées par an.
Miami Free Zone
La ville offre également des zones franches qui permettent
de réexporter des marchandises, ou de les vendre en
duty-free aux étrangers, sans passer par les douanes
américaines. La première, Miami Free Zone, occupe plus de
vingt hectares d'entrepôts à l'ouest de l'aéroport tandis
qu'une nouvelle zone franche vient d'être aménagée sur plus
de 5 hectares à deux kilomètres du port. Sanofi Beauté,
troisième groupe mondial de parfums et cosmétiques, a
implanté en mars 1995 son centre de distribution pour toutes
les ventes duty-free des Etats-Unis et des Caraïbes à Miami.
Parmi les marques de luxe françaises ayant une filiale de
distribution à Miami figurent également Les Must de Cartier
ou Bell & Ross, un petit fabricant de montres qui réalise
65% de ses ventes aux Etats-Unis et dont Chanel vient
d'acheter 30% du capital.
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